Antigravity CLI est l’agent de code de Google pour le terminal. Vous l’installez avec un script, le lancez avec agy dans un projet, vous connectez avec votre compte Google et décrivez la tâche. Il lit vos fichiers, propose des modifications et des commandes et, dans son mode par défaut, demande avant de changer quoi que ce soit.
Si vous utilisiez Gemini CLI avec un compte personnel, c’est ici que vous avez atterri. Google a annoncé sur son blog développeurs le 19 mai 2026 que Gemini CLI cesserait de servir les abonnés Google AI Pro et Ultra et les utilisateurs gratuits de Gemini Code Assist pour les particuliers le 18 juin 2026. Ce guide couvre l’installation, la connexion, les instructions de projet, les modèles et l’effort, les modes et permissions, MCP, les commandes utiles, la migration depuis Gemini CLI et les limites annoncées par Google. Tout s’appuie sur la documentation Antigravity telle qu’elle est en novembre 2026.
Ce qu’est Antigravity CLI, et pour qui
Antigravity CLI est le client terminal de Google Antigravity, la plateforme de développement centrée sur les agents de Google. D’après Google, il est écrit en Go et partage son moteur d’agent avec l’application de bureau Antigravity 2.0 : les améliorations de l’agent profitent aux deux. On retrouve les briques connues de Gemini CLI : agent skills, hooks, sous-agents et extensions, désormais appelées plugins.
Il vous concerne si vous :
- utilisiez Gemini CLI avec un compte Google personnel, Google AI Pro ou Ultra ;
- voulez un agent de code dans le terminal qui tourne sur les modèles Gemini (et d’autres selon votre offre) ;
- utilisez déjà Antigravity sur le bureau et voulez le même agent en SSH ou dans des scripts.
Les équipes qui ont une licence Gemini Code Assist Standard ou Enterprise, ou une clé API payante, peuvent rester sur Gemini CLI ; notre guide Gemini CLI couvre ce cas. Google ne cache pas l’écart : son annonce précise qu’il n’y aura pas de parité 1:1 des fonctions dès le départ.
Installation
| Système | Commande |
|---|---|
| macOS, Linux | curl -fsSL https://antigravity.google/cli/install.sh | bash |
| Windows (PowerShell) | irm https://antigravity.google/cli/install.ps1 | iex |
| Windows (CMD) | curl -fsSL https://antigravity.google/cli/install.cmd -o install.cmd && install.cmd && del install.cmd |
Sous macOS et Linux, le binaire va dans ~/.local/bin/agy ; sous Windows, dans AppData\Local\agy\bin. Vérifiez :
agy --version
Connexion
Placez-vous dans le projet et lancez :
cd mon-projet
agy
Au premier lancement, agy demande un thème de couleurs, un mode d’affichage (Alt-Screen ou Inline) et si vous faites confiance au dossier. Le navigateur s’ouvre ensuite pour la connexion avec votre compte Google. Les comptes personnels en offre Free, Pro et Ultra fonctionnent ; les comptes professionnels passent par Gemini Enterprise. Le jeton est stocké dans le trousseau du système (Keychain, Secret Service ou Gestionnaire d’identification Windows), donc les lancements suivants se passent du navigateur.
Autres options :
- En SSH :
agyaffiche une URL. Ouvrez-la sur votre propre machine, connectez-vous et collez le code dans le terminal. - Clé Gemini API : mettez
"modelProvider": "gemini"dans~/.gemini/antigravity-cli/settings.jsonet exportezGEMINI_API_KEY. Sans ce réglage, la clé seule ne sert à rien. - Identifiants Google Cloud : lancez
gcloud auth application-default loginet définissezAGY_ADC_AUTH=true.
/logout efface la connexion enregistrée.
Première tâche
Explique comment le module de paiement est organisé, ajoute une validation
des entrées sur l'endpoint de remboursement et lance les tests.
Quelques raccourcis utiles dès le départ : @ propose des chemins de fichiers, ! en début de prompt exécute une commande shell, ? affiche l’aide et les commandes slash. Pour les scripts, agy -p "résume README.md" exécute un seul prompt sans interface et affiche la réponse ; ajoutez --output-format json si un autre programme la lit. agy -i "prompt" ouvre l’interface interactive avec un premier prompt.
Instructions de projet : AGENTS.md ou GEMINI.md
Antigravity lit AGENTS.md ou GEMINI.md dans le dossier où vous lancez agy et dans ses parents jusqu’à la racine du dépôt. Les deux sont toujours actifs et n’ont pas besoin de frontmatter. Les règles globales vont dans ~/.gemini/AGENTS.md ou ~/.gemini/GEMINI.md. Les règles s’additionnent au lieu de se remplacer.
# Projet : billing-service
## Commandes
- Installer : npm ci
- Tester : npm test (à lancer avant de dire qu'une tâche est finie)
## À éviter
- Ne pas modifier les fichiers de src/generated.
Pour un contrôle plus fin, placez des fichiers Markdown dans .agents/rules/. Chacun a besoin d’un frontmatter avec un trigger : always_on, model_decision, glob (s’active quand l’agent touche des fichiers correspondants) ou manual. Sans trigger valide, la règle est ignorée sans avertissement, et la CLI ne gère pas les règles manual, faute de mentions de règles. Gardez les fichiers courts : chacun est tronqué au-delà de 24 000 octets, et les règles globales et always_on partagent un budget de 20 000 tokens.
Si Codex ou un autre agent lit déjà votre AGENTS.md, Antigravity reprend le même fichier. CLAUDE.md vs AGENTS.md explique comment partager un seul jeu de règles avec Claude Code.
Modèles et effort
Choisissez le modèle pour un lancement avec --model (agy models en donne la liste) ou en session avec /model. La page des modèles de Google affiche des modèles Gemini comme Gemini 3.8 Flash et Gemini 3.1 Pro à côté de modèles Claude et GPT-OSS ; ceux que vous voyez dépendent de votre offre.
L’effort règle la profondeur de réflexion. /effort ouvre une jauge et enregistre votre choix par défaut ; --effort low ne vaut que pour un lancement. Les niveaux sont low, medium, high, xhigh et max, mais la plupart des modèles ne proposent que low à high, et ceux à budget fixe l’ignorent.
Modes et permissions
| Mode | Ce qui se passe |
|---|---|
default | Affiche un diff avant de créer ou modifier un fichier et demande avant les commandes |
accept-edits | Approuve les modifications dans le workspace, demande toujours avant les commandes |
auto | Approuve les modifications et lance les commandes dans le sandbox du terminal ; les actions risquées demandent quand même |
plan | Analyse et décrit les étapes avant d’écrire du code |
Lancez avec --mode=accept-edits (ou auto, plan), passez d’un mode à l’autre avec Shift+Tab ou fixez "agentMode" dans ~/.gemini/antigravity-cli/settings.json. auto exige le sandbox et un compte personnel (v1.3.5+ sous macOS et Linux, v1.4.4+ sous Windows) ; les comptes professionnels n’y ont pas accès. --sandbox lance une session dans le sandbox du terminal.
Les règles fines vivent dans le même fichier sous forme de listes allow, ask et deny, par exemple command(git) ou mcp(sql/execute_mutation). Deny l’emporte sur ask, ask sur allow. /permissions les modifie dans l’interface. --dangerously-skip-permissions approuve tout ; réservez-le à un environnement jetable. La sécurité des agents de code IA explique pourquoi.
Serveurs MCP
Les serveurs MCP ont leur propre fichier : ~/.gemini/config/mcp_config.json pour tous les projets, .agents/mcp_config.json pour un workspace.
{
"mcpServers": {
"local-db": { "command": "node", "args": ["/path/to/server.js"] },
"docs": { "serverUrl": "https://api.example.com/mcp/", "headers": { "Authorization": "Bearer TOKEN" } }
}
}
Les serveurs distants doivent utiliser Streamable HTTP ; l’ancien transport HTTP+SSE et httpUrl ne sont pas pris en charge. /mcp ouvre un gestionnaire avec état, rechargement et logs. Les outils que vous n’avez pas autorisés tournent en mode Ask.
Les commandes à connaître
| Commande | Rôle |
|---|---|
/model, /effort | Changer de modèle et de niveau de réflexion |
/permissions | Gérer les règles allow, ask et deny |
/config ou /settings | Ouvrir les réglages |
/mcp | Gestionnaire de serveurs MCP |
/plan | Explorer, poser des questions, rédiger un plan relisible |
/resume | Reprendre une conversation de ce dossier |
/rewind, /undo | Revenir en arrière dans la conversation |
/fork, /clear | Dupliquer la conversation ou repartir de zéro |
/usage, /credits | Quotas des modèles et crédits IA |
/plugin | Installer, activer ou lister des plugins |
Depuis le shell, agy -c reprend la dernière conversation du dossier et --conversation <id> en rouvre une précise. --add-dir ajoute un autre dossier au workspace.
Migrer depuis Gemini CLI
Au premier lancement de agy sur une machine qui a une configuration Gemini CLI, une liste vous demande quoi migrer : extensions, configuration globale, jetons de session et réglages d’affichage. D’après le guide de migration de Google :
- Inchangé :
GEMINI.mdetAGENTS.mddu projet,~/.gemini/GEMINI.mdet les skills globaux de~/.gemini/skills/. - Converti : les extensions deviennent des plugins avec
agy plugin import gemini, et leurs commandes des skills. - À déplacer à la main : les skills du workspace, de
.gemini/skills/vers.agents/skills/; les serveurs MCP, de~/.gemini/settings.jsonversmcp_config.json, en renommanturlouhttpUrlenserverUrl. - Pas garanti : certains thèmes personnalisés et surcouches visuelles.
- Options :
--approval-modedisparaît au profit de--mode. Il n’y a pas de mode yolo.
Limites et tarifs
La page des offres de Google inclut la CLI dans toutes les offres et décrit les quotas sans chiffres : Ultra a le quota le plus élevé, renouvelé toutes les cinq heures ; Pro un quota élevé renouvelé toutes les cinq heures jusqu’à une limite hebdomadaire ; les autres offres un quota renouvelé chaque semaine. Les limites suivent la quantité de travail de l’agent. Sur Pro et Ultra, des crédits IA peuvent prendre le relais une fois le quota épuisé, au tarif de consommation de Gemini Enterprise, et un réglage permet de l’interdire. /usage et /credits indiquent où vous en êtes.
À côté de Claude Code et Codex
Antigravity est souvent un agent parmi d’autres. Quelques habitudes évitent le chaos :
- Un seul fichier de règles. Antigravity et Codex lisent tous deux
AGENTS.md; Claude Code litCLAUDE.md, qui peut y renvoyer. - Un worktree par agent. Donnez à chaque agent son propre git worktree pour qu’ils ne modifient pas les mêmes fichiers.
- Les mêmes serveurs MCP partout. Chaque outil a sa propre configuration : le même serveur s’ajoute donc trois fois.
Nous développons AgentVera, une application de bureau pour macOS, Windows et Linux qui fait tourner Antigravity CLI à côté de Claude Code, Codex, Gemini CLI et d’autres agents, chacun dans un vrai terminal avec votre propre installation et votre connexion. Pour Antigravity en particulier (détails) :
- Espace de travail : Antigravity occupe une case de la grille d’agents du projet et retrouve sa conversation après un redémarrage.
- Permissions : Demander, Auto (
--mode=accept-edits) ou Accès complet (--dangerously-skip-permissions) pour chaque agent. - Modèle et effort : choisissez un modèle et un effort low, medium ou high à la création de l’agent.
- Instructions : agy n’a pas d’option pour des instructions supplémentaires ; gardez vos règles dans
AGENTS.mdouGEMINI.md. - MCP manager : les serveurs configurés une fois sont ajoutés à Antigravity au lancement, à côté de votre propre
mcp_config.json. - Worktrees : créez-en un depuis le panneau Git et lancez Antigravity dedans, Claude Code dans un autre.
La grille, les worktrees, la code review et le MCP manager sont dans l’offre gratuite. Pour comparer les agents de Google et d’Anthropic, lisez Gemini CLI vs Claude Code, ou téléchargez AgentVera.
En résumé
Installez avec le script, lancez agy, connectez-vous avec Google et gardez votre AGENTS.md ou GEMINI.md. Déplacez les serveurs MCP vers mcp_config.json, importez les extensions avec agy plugin import gemini, commencez en mode default ou accept-edits et consultez /usage avant les longues sessions.