La fenêtre de contexte de Claude Code, c’est tout ce que le modèle voit à un tour donné : le prompt système, les noms d’outils, votre CLAUDE.md, chaque message, chaque fichier lu par Claude et chaque sortie de commande de la session. Pour la gérer, vérifiez son contenu avec /context, compactez les longues sessions avec /compact (ou laissez l’auto-compact s’en charger), démarrez un travail sans rapport avec /clear, gardez CLAUDE.md court et confiez les investigations lourdes à des sous-agents pour que seul leur résumé revienne. La suite de ce guide montre comment chacun fonctionne et quand l’utiliser.
Ce qui remplit la fenêtre de contexte
Une fenêtre de contexte se mesure en tokens, et dans Claude Code elle se remplit dans deux sens : ce qui se charge avant que vous ne tapiez quoi que ce soit, et ce que la session accumule en travaillant.
Chargé au démarrage
D’après la documentation de Claude Code, voici ce qui est dans le contexte avant votre premier prompt :
- Le prompt système et les outils intégrés.
- Les fichiers CLAUDE.md (projet, utilisateur et éventuels dossiers parents) et la mémoire automatique. AGENTS.md peut se charger à la place de CLAUDE.md.
- Les noms d’outils MCP et les instructions des serveurs. Les définitions complètes des outils sont différées par défaut et se chargent quand un outil est utilisé.
- Les descriptions des skills. Le corps d’un skill ne se charge que lorsqu’il est invoqué.
Nous avons mesuré cette base de départ dans notre article sur la consommation de tokens : environ 34,4k tokens à la première requête avec une configuration standard, contre environ 13,3k avec une configuration allégée. Cette base est renvoyée à chaque tour.
Ajouté pendant la session
C’est de là que vient l’essentiel de la croissance :
| Source | Pourquoi elle grossit vite |
|---|---|
| Lectures de fichiers | Un gros fichier lu en entier peut coûter des milliers de tokens, et une relecture coûte autant |
| Sortie de commandes | Les exécutions de tests, builds et logs sont souvent longs et surtout du bruit |
| Vos messages et les réponses de Claude | Chaque tour reste dans l’historique |
| Résultats d’outils des serveurs MCP | Le résultat d’une recherche ou d’une requête arrive en entier dans le contexte |
| Tentatives échouées | Les mauvaises approches et vos corrections restent jusqu’à ce que vous vidiez ou compactiez |
Une seule session de débogage ou d’exploration du code peut produire des dizaines de milliers de tokens. Cela compte car, comme le dit la documentation de Claude Code, les performances d’un LLM se dégradent à mesure que le contexte se remplit : Claude peut se mettre à oublier des instructions antérieures ou à faire plus d’erreurs.
Quelle taille fait la fenêtre ?
Cela dépend du modèle. La documentation de configuration des modèles de Claude Code indique une fenêtre de contexte de 1M tokens pour les modèles récents (les modèles Fable, Sonnet 5 et suivants, Haiku 5.5, Opus 4.7 et suivants l’utilisent par défaut). Opus 4.6 et Sonnet 4.6 n’atteignent 1M que via leur variante [1m] ; sinon ils travaillent avec une limite de 200K.
Une fenêtre plus grande donne de la marge, pas l’immunité. Une session contenant 600k tokens d’anciennes explorations reste plus lente, plus coûteuse par tour et plus bruyante qu’une session qui ne porte que ce dont la tâche en cours a besoin.
Lire la jauge : /context
Avant de rien changer, regardez. /context affiche en direct ce qui occupe la fenêtre, regroupé par catégorie, avec des suggestions. Il liste aussi les fichiers CLAUDE.md et de mémoire qui ont été chargés, ce qui est le moyen le plus rapide de retrouver un fichier d’instructions oublié dans un dossier parent.
/context
Quelques commandes associées aident ici :
/memoryouvre les fichiers de mémoire chargés pour que vous puissiez les modifier./mcpliste les serveurs connectés et permet de désactiver ceux que vous n’utilisez pas./usageaffiche la consommation de tokens de la session, avec une ligne sur le cache de prompt.
Vous pouvez aussi afficher l’usage du contexte dans une barre d’état personnalisée pour le voir sans le demander.
Compacter : /compact et auto-compact
/compact remplace la conversation jusque-là par un résumé et continue dans la même session. Claude Code le fait aussi tout seul à l’approche de la limite : c’est l’auto-compact.
Orienter le résumé
Un simple /compact laisse Claude décider de ce qu’il garde. Vous obtenez de meilleurs résultats en le lui disant :
/compact Focus on the API changes and the list of files we modified
Vous pouvez rendre cela permanent avec une section # Compact instructions dans CLAUDE.md, par exemple : « When compacting, always preserve the full list of modified files and any test commands. »
Pour ne compacter qu’une partie de la conversation, appuyez deux fois sur Esc ou lancez /rewind, choisissez un message puis Summarize from here ou Summarize up to here.
Définir quand l’auto-compact se déclenche
Par défaut, Claude Code compacte quand la conversation atteint la limite de contexte du modèle ; les modèles qui tournent avec une fenêtre native de 1M compactent un peu plus tôt, à environ 967K tokens. Si vous préférez compacter plus tôt, définissez votre propre fenêtre :
/autocompact 500k
/autocompact auto
La première enregistre une fenêtre de 500k pour le modèle courant ; la seconde revient au réglage par défaut. Le même réglage existe sous le nom autoCompactWindow dans settings.json et sous la forme de la variable d’environnement CLAUDE_CODE_AUTO_COMPACT_WINDOW pour les scripts. Les valeurs de 100K à 1M sont acceptées.
Ce qui survit au compactage
La documentation liste ce qui est remis en place après un compactage : le prompt système, le CLAUDE.md de la racine du projet, les règles sans portée, la mémoire automatique et le plan du mode plan en cours. Les fichiers récemment modifiés sont relus, et les CLAUDE.md imbriqués ainsi que les règles à portée de chemin se rechargent quand Claude retravaille dans ces dossiers. Ce qui ne survit pas mot pour mot, c’est la conversation elle-même : une instruction que vous n’avez jamais tapée que dans le chat peut perdre en précision. Si elle compte, mettez-la dans CLAUDE.md.
Un coût à garder en tête : /compact lit toute la conversation pour la résumer, donc le compactage est lui-même une grosse requête.
Repartir de zéro : /clear
/clear vide la conversation et ne coûte rien. Utilisez-le quand vous passez à un travail sans rapport. Les bonnes pratiques de Claude Code citent deux schémas d’échec qu’il corrige :
- La session fourre-tout. Vous démarrez une tâche, posez une question sans rapport, puis revenez. Le contexte est plein de matière hors sujet.
- Corriger encore et encore. Après deux corrections ratées sur le même problème, le contexte est pollué par des approches échouées. Videz et écrivez un meilleur premier prompt qui inclut ce que vous avez appris.
Si vous pensez vouloir retrouver la session, nommez-la d’abord avec /rename, puis /clear ; /resume la ramènera plus tard. Pour une question rapide qui n’a pas à rester dans l’historique, /btw répond sans alourdir la conversation.
| Situation | Utilisez | Pourquoi |
|---|---|---|
| Même tâche, long historique | /compact <focus> | Garde le fil, supprime le volume |
| Seul le début est périmé | /rewind → Summarize up to here | Garde les derniers tours en entier |
| Passage à un travail sans rapport | /clear | Gratuit, et rien d’inutile ne suit |
| Deux corrections n’ont pas marché | /clear + meilleur prompt | Les tentatives échouées égarent les suivantes |
| Question ponctuelle | /btw | N’entre jamais dans l’historique |
Garder CLAUDE.md petit
CLAUDE.md se charge à chaque session, donc chaque ligne se paie à chaque tour. La documentation de Claude Code suggère de le garder sous environ 200 lignes et de se demander, pour chaque ligne, si la retirer provoquerait des erreurs. Sinon, coupez. Un fichier gonflé a un second coût au-delà des tokens : les règles importantes se perdent dans le bruit et Claude les ignore.
Que faire du reste :
- Déplacez les instructions propres à un workflow (comment publier une version, comment écrire une migration) dans des skills. Seules leurs courtes descriptions se chargent au démarrage ; le corps se charge quand le skill est utilisé.
- Faites un lien vers la documentation détaillée au lieu de la coller.
- Supprimez tout ce que Claude fait déjà bien sans qu’on le lui dise, ou transformez-le en hook si cela doit toujours se produire.
Nous détaillons la structure dans le guide CLAUDE.md et AGENTS.md.
Utiliser des sous-agents pour garder propre le contexte principal
La recherche est le tueur de contexte classique : pour répondre à « comment notre authentification gère-t-elle le rafraîchissement des tokens ? », Claude peut lire vingt fichiers. Un sous-agent s’exécute dans sa propre fenêtre de contexte, y fait cette lecture et ne renvoie qu’un résumé à votre session principale.
Use subagents to investigate how our authentication system handles token
refresh, and whether we have any existing OAuth utilities I should reuse.
Bons candidats pour un sous-agent :
- L’exploration du code avant une modification.
- La lecture de longs logs ou de sorties de tests pour trouver le seul échec qui compte.
- Une revue du diff dans un contexte neuf, ce qui évite aussi un biais en faveur du code que la session principale vient d’écrire.
Les sous-agents ne sont pas gratuits. Ils dépensent leurs propres tokens, et la documentation de Claude Code note que les équipes d’agents utilisent environ 7 fois plus de tokens qu’une session unique. Le gain est la qualité et la concentration du fil principal, pas toujours une facture plus petite.
Ce que coûtent les serveurs MCP
Le Model Context Protocol était l’un des plus gros coûts au démarrage, car chaque définition d’outil de chaque serveur se chargeait d’emblée. Claude Code diffère désormais les définitions d’outils par défaut (tool search) : tant qu’un outil n’est pas utilisé, seuls son nom et les instructions du serveur sont dans le contexte.
Cela change le conseil, sans le supprimer :
- Désactivez avec
/mcples serveurs que vous n’utilisez pas dans ce projet. - Préférez les outils CLI comme
gh,aws,gcloudousentry-cliquand ils existent. La documentation y voit le moyen le plus économe en contexte d’atteindre des services externes. - Surveillez les résultats d’outils, pas seulement les définitions. Une requête de base de données ou un instantané de page renvoyé par un outil MCP arrive en entier dans le contexte.
Signes de dérive du contexte
« Context rot » est le nom informel d’une session qui s’est discrètement dégradée parce que son contexte est trop plein ou trop bruyant. Signes typiques :
- Claude oublie une règle énoncée plus tôt dans la conversation, ou une règle de CLAUDE.md.
- Il relit des fichiers qu’il a déjà lus, ou pose des questions sur ce qu’il sait déjà.
- Il répète une approche que vous avez déjà rejetée.
- Les réponses deviennent plus vagues et les modifications touchent le mauvais endroit.
- Chaque tour semble plus lent et le compteur de tokens grimpe plus vite.
Quand vous en voyez au moins deux, lancez /context. Si la conversation en est la masse, compactez avec un focus ; si la session a vagabondé entre plusieurs tâches, videz. Notez aussi qu’après une pause le cache de prompt expire, de sorte que le message suivant retraite tout le contexte au plein tarif. Une grosse session restée longtemps inactive est un bon moment pour compacter ou vider avant de continuer.
Des habitudes pour garder des sessions saines
- Une tâche par session. Nommez-la, terminez-la, videz.
- Pointer, ne pas parcourir. Référencez les fichiers avec
@pathet nommez les fonctions au lieu de demander à Claude de « regarder autour ». - Cadrer les investigations. « Trouve où les limites de débit sont appliquées dans
src/api» vaut mieux que « investigue la limitation de débit ». Ou confiez-la à un sous-agent. - Réduire la sortie des commandes. Lancez des tests isolés plutôt que toute la suite, et filtrez les logs avant que Claude ne les lise.
- Compacter avec un focus, tôt. Un compactage que vous orientez, avant que la fenêtre ne soit presque pleine, conserve en général mieux les bons détails qu’un compactage automatique à la limite.
- Relire CLAUDE.md comme du code. Élaguez-le quand Claude commence à ignorer des règles.
La place d’AgentVera
AgentVera exécute Claude Code, Codex et d’autres agents CLI côte à côte dans une seule application de bureau. Il ne remplace pas les habitudes ci-dessus, mais il vous décharge d’une partie de la comptabilité quand vous faites tourner plusieurs agents à la fois. Tout cela se trouve sur la page d’économie de tokens :
- La taille du contexte en direct dans le panneau de chaque agent, mesurée à partir de l’historique propre à la CLI, donc valable au-delà de Claude Code et Codex.
- Auto-compact activé par défaut à un seuil de 150k tokens, via la commande propre à chaque CLI (
/compact,/compress,/summarize,/smol). Modifiez-le dans Settings → Token savings. - Des profils de contexte (Standard, Balanced, Lean) qui réduisent la base de démarrage par agent.
- Une protection de lecture, ainsi que des smart tools pour Claude Code, qui refusent la relecture d’un fichier inchangé et remettent d’abord à l’agent un plan d’un gros fichier.
- Une carte du projet pour que les agents trouvent les fichiers pertinents sans les lire un par un.
- Le gestionnaire MCP, dont le test de connexion affiche un coût approximatif en tokens par outil.
Cela vaut quand même la peine d’apprendre /context, /compact et /clear vous-même. Ils fonctionnent de la même façon avec ou sans AgentVera.